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Sortir de sa zone de confort...

Premier cours de surf de l'année aujourd'hui. Magique de se retrouver dans l'eau à nouveau, journée au temps sublime. Eau transparente, fraiche et vivifiante. Par contre, réalisation soudaine de ma transformation hivernale en loup des mers lourd, blanc, pâteux et engourdi, plus une baleine après l'ingurgitation d'une tonne de poissons. Mon quatrième cours de surf en tout, je crois qu'il va m'en falloir 400.

Moniteur: 'Allez vite monte sur ta planche il y'en une belle là' Et 'Splash' mon ventre muffiné sur la planche fait une sorte de plat bruyant et disgracieux. J'ajuste mon corps voluptueux qui glisse en déséquilibre à droite à gauche comme un gros gnocchi bien beurré dans l'assiette. Le petit sourire amusé du moniteur ne m'échappe pas, il se demande sûrement ce que je fais dans mes cours de Yoga.... car pendant que moi je dormais dans ma flexion avant façon yin, la joue confortablement posée sur ma bouillotte, lui, il était ici, dans l'eau glacée à se mettre debout en 0,00001 seconde et à faire des acrobaties dans les rouleaux sur sa micro planche. Chacun son truc.

Bon... il est grand temps de réintégrer les salutation au soleil dans ma routine, je me dis, repensant à ma pratique yoguique que j'ai graduellement émincée de tout soupçon d'effort physique au fil des jours d'hiver. Je passe difficilement la barre pour sortir de la mousse. Le moniteur me pousse et me dirige, comme ces gros paquebots qu'on doit escorter lentement hors du port. Dans un cas, il faut faire le canard, dans un autre larguer la planche et plonger sous la vague pour ne pas passer à la machine à laver et se retrouver en étoile de mer sur la plage. Mais moi j'y comprends rien encore à tout ça, et je roule et je roule dans les vagues. Je vais devenir pro de la pirouette sous marine. Et maintenant il faut ramer, ramer vite et fort pour arriver à un point calme.

Le moniteur m'encourage vigoureusement mais avec une pointe de tendresse qu'on pourrait avoir pour un gros phoque ambidextre. Il est chouette ce mec, il m'inspire, une pointe de tendresse pour motiver, ça marche chez moi. Par contre sa prochaine demande me dépasse complètement 'Tu vois quand la vague arrive à toi, tu jettes ta planche dessus et ensuite tu jettes ton corps sur la planche'. Pardon??? Pour propulser mon enveloppe briochée hors de l'eau sans avoir pieds et atterrir sur la planche qui se trouve à un mètre au-dessus de moi, il me faudrait 20 ou 30 chevaux en plus, ou un starter, un turbo, une fusée, une bombe nucléaire...

Bon on verra un autre jour pour ça. Après quelques essais pour prendre une vague, à chaque fois poussée et encouragée par moniteur qui dit des choses comme 'Et maintenant c'est les montagnes russes yeaahhh!!', ce qui est assez touchant quand même parce que j'ai l'impression de retourner en enfance, et ça me fait rire. Je ris comme un bon poupon, c'est rigolo et je n'arrive pas à croire son innocence: Il pense vraiment que je vais me lever sur ma planche, ouais, attends Peter Pan il ne me manque plus que la flute. J'ai envie d'y croire aussi mais c'est pas pour cette fois. Il s'en va s'occuper des autres, ouf, car je suis au bord de l'infarctus en mode Bridget Jones haletante, écrasée sur ma planche, les bras ballants dans l'eau.

Ces petits bras, il me faudrait un changement complet de morphologie en fait pour ramer, ramer encore et me hisser, et me jeter sur la planche et me redresser. Tout mon poids est dans les fesses, les jambes costaudes que j'ai hérité de ma mère... et ces petits bras blanc de poulet qui soudainement doivent faire la majorité de travail. Je suis vraiment en dehors de ma zone de confort là. Mais qu'est-ce que c'est bon, c'est bon rien que pour ces deux heures passées dans l'eau, immergée dans ce liquide infini, rythmé et somptueux. C'est bon aussi de passer à la machine à laver... option lavage laine délicat? Non pour l'instant il n'y a que le programme rude désinscrustage de tâches mais qui sait peut être un jour ... aventure à suivre



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